Bonne question de finance

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    Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Cosak le Lun 2 Jan 2012 - 20:34

    Dans "Le monde" d'aujourd'hui un papier de Michel Rocard. Je n'y connais pas grand-chose en finances, et je n'aime pas le "tous pourris", mais là j'aimerai avoir un avis pragmatique sur cet article, car je trouve ça très intéressant.

    L'article sur 'Le monde'


    Ce sont des chiffres incroyables. On savait déjà que, fin 2008, George Bush et Henry Paulson avaient mis sur la table 700 milliards de dollars (540 milliards d'euros) pour sauver les banques américaines. Une somme colossale. Mais un juge américain a récemment donné raison aux journalistes de Bloomberg qui demandaient à leur banque centrale d'être transparente sur l'aide qu'elle avait apportée elle-même au système bancaire.

    Après avoir épluché 20 000 pages de documents divers, Bloomberg montre que la Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %.

    Au même moment, dans de nombreux pays, les peuples souffrent des plans d'austérité imposés par des gouvernements auxquels les marchés financiers n'acceptent plus de prêter quelques milliards à des taux d'intérêt inférieurs à 6, 7 ou 9 % ! Asphyxiés par de tels taux d'intérêt, les gouvernements sont "obligés" de bloquer les retraites, les allocations familiales ou les salaires des fonctionnaires et de couper dans les investissements, ce qui accroît le chômage et va nous faire plonger bientôt dans une récession très grave.

    Est-il normal que, en cas de crise, les banques privées, qui se financent habituellement à 1 % auprès des banques centrales, puissent bénéficier de taux à 0,01 %, mais que, en cas de crise, certains Etats soient obligés au contraire de payer des taux 600 ou 800 fois plus élevés ? "Etre gouverné par l'argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé", affirmait Roosevelt. Il avait raison. Nous sommes en train de vivre une crise du capitalisme dérégulé qui peut être suicidaire pour notre civilisation. Comme l'écrivent Edgar Morin et Stéphane Hessel dans Le Chemin de l'espérance (Fayard, 2011), nos sociétés doivent choisir : la métamorphose ou la mort ?

    Allons-nous attendre qu'il soit trop tard pour ouvrir les yeux ? Allons-nous attendre qu'il soit trop tard pour comprendre la gravité de la crise et choisir ensemble la métamorphose, avant que nos sociétés ne se disloquent ? Nous n'avons pas la possibilité ici de développer les dix ou quinze réformes concrètes qui rendraient possible cette métamorphose. Nous voulons seulement montrer qu'il est possible de donner tort à Paul Krugman quand il explique que l'Europe s'enferme dans une "spirale de la mort". Comment donner de l'oxygène à nos finances publiques ? Comment agir sans modifier les traités, ce qui demandera des mois de travail et deviendra impossible si l'Europe est de plus en plus détestée par les peuples ?

    Angela Merkel a raison de dire que rien ne doit encourager les gouvernements à continuer la fuite en avant. Mais l'essentiel des sommes que nos Etats empruntent sur les marchés financiers concerne des dettes anciennes. En 2012, la France doit emprunter quelque 400 milliards : 100 milliards qui correspondent au déficit du budget (qui serait quasi nul si on annulait les baisses d'impôts octroyées depuis dix ans) et 300 milliards qui correspondent à de vieilles dettes, qui arrivent à échéance et que nous sommes incapables de rembourser si nous ne nous sommes pas réendettés pour les mêmes montants quelques heures avant de les rembourser.

    Faire payer des taux d'intérêt colossaux pour des dettes accumulées il y a cinq ou dix ans ne participe pas à responsabiliser les gouvernements mais à asphyxier nos économies au seul profit de quelques banques privées : sous prétexte qu'il y a un risque, elles prêtent à des taux très élevés, tout en sachant qu'il n'y a sans doute aucun risque réel, puisque le Fonds européen de stabilité financière (FESF) est là pour garantir la solvabilité des Etats emprunteurs...

    Il faut en finir avec le deux poids, deux mesures : en nous inspirant de ce qu'a fait la banque centrale américaine pour sauver le système financier, nous proposons que la "vieille dette" de nos Etats puisse être refinancée à des taux proches de 0 %.

    Il n'est pas besoin de modifier les traités européens pour mettre en oeuvre cette idée : certes, la Banque centrale européenne (BCE) n'est pas autorisée à prêter aux Etats membres, mais elle peut prêter sans limite aux organismes publics de crédit (article 21.3 du statut du système européen des banques centrales) et aux organisations internationales (article 23 du même statut). Elle peut donc prêter à 0,01 % à la Banque européenne d'investissement (BEI) ou à la Caisse des dépôts, qui, elles, peuvent prêter à 0,02 % aux Etats qui s'endettent pour rembourser leurs vieilles dettes.

    Rien n'empêche de mettre en place de tels financements dès janvier ! On ne le dit pas assez : le budget de l'Italie présente un excédent primaire. Il serait donc à l'équilibre si l'Italie ne devait pas payer des frais financiers de plus en plus élevés. Faut-il laisser l'Italie sombrer dans la récession et la crise politique, ou faut-il accepter de mettre fin aux rentes des banques privées ? La réponse devrait être évidente pour qui agit en faveur du bien commun.

    Le rôle que les traités donnent à la BCE est de veiller à la stabilité des prix. Comment peut-elle rester sans réagir quand certains pays voient le prix de leurs bons du Trésor doubler ou tripler en quelques mois ? La BCE doit aussi veiller à la stabilité de nos économies. Comment peut-elle rester sans agir quand le prix de la dette menace de nous faire tomber dans une récession "plus grave que celle de 1930", d'après le gouverneur de la Banque d'Angleterre ?

    Si l'on s'en tient aux traités, rien n'interdit à la BCE d'agir avec force pour faire baisser le prix de la dette. Non seulement rien ne lui interdit d'agir, mais tout l'incite à le faire. Si la BCE est fidèle aux traités, elle doit tout faire pour que diminue le prix de la dette publique. De l'avis général, c'est l'inflation la plus inquiétante !

    En 1989, après la chute du Mur, il a suffi d'un mois à Helmut Kohl, François Mitterrand et aux autres chefs d'Etat européens pour décider de créer la monnaie unique. Après quatre ans de crise, qu'attendent encore nos dirigeants pour donner de l'oxygène à nos finances publiques ? Le mécanisme que nous proposons pourrait s'appliquer immédiatement, aussi bien pour diminuer le coût de la dette ancienne que pour financer des investissements fondamentaux pour notre avenir, comme un plan européen d'économie d'énergie.

    Ceux qui demandent la négociation d'un nouveau traité européen ont raison : avec les pays qui le veulent, il faut construire une Europe politique, capable d'agir sur la mondialisation ; une Europe vraiment démocratique comme le proposaient déjà Wolfgang Schäuble et Karl Lamers en 1994 ou Joschka Fischer en 2000. Il faut un traité de convergence sociale et une vraie gouvernance économique.

    Tout cela est indispensable. Mais aucun nouveau traité ne pourra être adopté si notre continent s'enfonce dans une "spirale de la mort" et que les citoyens en viennent à détester tout ce qui vient de Bruxelles. L'urgence est d'envoyer aux peuples un signal très clair : l'Europe n'est pas aux mains des lobbies financiers. Elle est au service des citoyens.


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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Liberalis le Lun 2 Jan 2012 - 20:44

    Lisez, par qui, quand et comment la réserve fédérale a été créée. Le net foisonne d'info à ce sujet.


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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Cosak le Lun 2 Jan 2012 - 20:50

    La question soulevée est : comment, en situation de crise, les taux baissent pour les banques en difficulté, mais augmentent pour les Etats ? De plus le "risque" que font payer les banques étant (si je comprends l'article) complètement infondé dans l'UE.


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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Brumaire le Lun 2 Jan 2012 - 21:34

    A mon sens, il y a une réponse naturelle (certainement pas la seule, mais ça me parait logique) : l'inflation.

    Les banques savent que les Etats surendettés ne pourront pas sortir de la crise de l'endettement autrement qu'en imprimant du papier (c'est d'ailleurs ce que font déjà toutes les grandes banques centrales hormis la BCE, mais pour combien de temps encore ?). La valeur de l'actif acheté étant menacée, elles exigent une rémunération plus élevée.

    Bien entendu, l'avidité des banques et leur capacité à surclasser les Etats dans la défense de leur intérêt joue certainement aussi.

    Néanmoins, je ne partage pas l'avis de Rocard sur le caractère "sans risque" de la dette des Etats de l'UE. Pas besoin d’être un analyste pour comprendre que le système social européen vacille, voire que le modèle occidental est remis en question.
    Les pays du Sud de l'Europe souffrent de déficits chroniques et ont montré leur incapacité à réduire leurs dépenses. Ils préfèrent toujours augmenter les impôts (ce qui tire vers le bas la consommation, et donc la croissance, seule voie connue pour résorber les deficits).
    Plus haut au nord, la vertueuse Allemagne souffre d'un problème grave à long terme : la natalité.
    Incertitude, incertitude, incertitude....


    Concernant le passage sur les "cadeaux fiscaux", le sympathisant socialiste reprend la parole. Je ne commenterai pas.

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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Bismark le Lun 2 Jan 2012 - 23:01

    investissez en Suisse!

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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Cosak le Lun 2 Jan 2012 - 23:14

    [Grognard]_Bismark a écrit:investissez en Suisse!


    Ce serait comme combattre la famine dans le monde en envoyant des hamburgers au Texas Razz


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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Bismark le Lun 2 Jan 2012 - 23:17

    [Grognard]_Cosak a écrit:
    [Grognard]_Bismark a écrit:investissez en Suisse!


    Ce serait comme combattre la famine dans le monde en envoyant des hamburgers au Texas Razz


    Comme au texas, il n'y a jamais assez d'hamburgers! Razz

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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Liberalis le Mar 3 Jan 2012 - 1:33

    Sauver des banques en faillite dans un système qui prône le libéralisme c'est comme si José Bové allait manger au Mcdo.

    Pour répondre à la question soulevée, je dirais qu'à partir du moment où les états prêtent aux banques des sommes colossales pour les sortir de la merde et que ces mêmes états n'ont, depuis la loi Rothschild, plus que les marchés pour emprunter, on ne doit pas s'étonner que les états se retrouvent à emprunter avec des taux plus élevés.
    Les banques spéculent à la baisse. Ça rapporte plus.
    Je veux bien accepter l'argument qu'on interdise aux états d'emprunter directement aux banques centrales parce que soit disant ils en ont trop profiter dans le passé en encourant le risque de l'inflation incontrôlée, mais si au final le système ne marche pas car les états se retrouvent ruinés, ça ne vaut peut être pas le coup.
    L'abandon du dollar/étalon-or + l'interdiction faites aux états de ne pas pouvoir se financer directement auprès de leurs propres banques centrales devrait faire sonner les cloches dans la tête des plus cons.

    Le fascisme était la fusion de l'état avec les grands groupes industriels.
    Le neo-fascisme est la synergie des medias de masse+les banques d'investissement (couplé aux systèmes législatifs anglo-saxon)+les grandes entreprises+les politiques corrompues jusqu'à la moelle osseuse.
    Les plus beaux résultats peuvent se voir en temps de guerre. Les politiques active l'opération militaire, les médias vous la vende, les grandes boîtes renflouent leurs caisses, nous, les pauvres contribuables, la prenons bien profonde.




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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Brune le Mar 3 Jan 2012 - 1:35

    [Grognard]_Brumaire a écrit:
    Néanmoins, je ne partage pas l'avis de Rocard sur le caractère "sans risque" de la dette des Etats de l'UE. Pas besoin d’être un analyste pour comprendre que le système social européen vacille, voire que le modèle occidental est remis en question.
    Les pays du Sud de l'Europe souffrent de déficits chroniques et ont montré leur incapacité à réduire leurs dépenses. Ils préfèrent toujours augmenter les impôts (ce qui tire vers le bas la consommation, et donc la croissance, seule voie connue pour résorber les deficits).
    Plus haut au nord, la vertueuse Allemagne souffre d'un problème grave à long terme : la natalité.
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    Concernant le passage sur les "cadeaux fiscaux", le sympathisant socialiste reprend la parole. Je ne commenterai pas.


    Pas d'accord.

    Les dépenses publique doivent être optimisée c'est évident (ex: ce sont les lobbies pharmaceutiques qui fixent les prix des médocs) mais ce n'est LA solution au problème du déficit, à moins de désengager l'état comme aux US ou en GB. (malheur aux pauvres dans ce cas là...)
    Il ne faut pas oublier non plus que l'Etat a privatisé la plupart de ses entreprises.

    Oui la croissance est le seul moyen que l'on connaisse pour sortir d'une crise, le problème est que pour la première fois nous comsommons plus que de ressources que la planète ne peut en produire, il ne faudra pas compter sur la croissance pour nous sortir de l'impasse.

    "La vertueuse Allemagne", Ce n'est pas non plus le pays des Bisounours, faut-il rappeler que la compression des salaires est en partie compensée par des loyers plus faibles que chez nous?

    Pas besoin de mettre des "" à cadeaux fiscaux, l'état est censé oeuvrer pour l'intérêt général pas pour le portefeuille de quelques amis.


    Ce qui est sûr c'est que rien ne sera réglé; entre des politiques déconnectés de la réalité et les requins de la finance, on va se faire tondre! Bêêêêêê
    A moins qu'on se réveille et que l'on redécouvre le communisme. (chut c'est encore un gros mot! Wink )

    (Je me suis viandé en faisant un copié-collé et j'ai effacé la moitié de mon post , c'était peu ou prou ce que Lib a posté )

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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Cosak le Mar 3 Jan 2012 - 1:45

    J'étais sûr que le débat allait dériver sur les graves méfaits de nos sociétés financiarisées. Mais j'aimerai juste entendre une réponse claire d'un décideur à la question suivante : "l'Etat peut-il emprunter au même taux (à peu près) que celui auquel il prête ?" Et surtout, si non, pourquoi ?


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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Brune le Mar 3 Jan 2012 - 2:01

    http://financerlavenir.fnh.org/propositions/debat-emprunter-banque-centrale-pour-financer-un-plan-de-transition/

    L'idée a été débatue lors d'un séminaire de la fondation nicolas hulot.

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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Liberalis le Mar 3 Jan 2012 - 2:22

    Tant que l'état ne peut qu' emprunter sur le marché et ne pas se financer seul en battant monnaie, il sera toujours perdant dans "la balance des taux".
    Cosak, pourquoi à ton avis l'état (pardon, les etats) sauve les banques par ces fameux bailouts ? 700 milliards par ci, 400 par là, etc...

    Pourquoi les USA sous les deux mandats de Bush ont vu leurs dettes nationale exploser ? En 8 ans, 2000-2008, la dette totale des états-unis (minuscules svp) a augmenté d'une somme équivalente à toute la dette acquise entre 1776 et 2000. Elle a doublé en moins d'une décennie !!!

    La dette national US grimpe de 4 milliard de dollar par JOUR depuis 2007 lol. ALLO?





    Dernière édition par [Grognard]_Liberalis le Mar 3 Jan 2012 - 2:37, édité 1 fois


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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Liberalis le Mar 3 Jan 2012 - 2:24

    [Grognard]_Brune a écrit:http://financerlavenir.fnh.org/propositions/debat-emprunter-banque-centrale-pour-financer-un-plan-de-transition/

    L'idée a été débatue lors d'un séminaire de la fondation nicolas hulot.


    Je lui pisse dessus à Hulot et ses shampoings Ushuaia. Ushumabitedanstonoeilconnard. Pardon pour la vulgarité. Je suis mal élevé dit-on.


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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Jean-Charles I le Mar 3 Jan 2012 - 2:43

    Ptain Lib tu fais chier d'avoir recruter 5 nouveaux avec BAC+5 minimum, je comprends plus rien aux débats...

    C'était mieux avant, suffisait de penser aux castagnettas, aux querelles de clocher, boire :censure: sec et se taper sur la tronche!

    Ah bordel !


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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Articho le Mar 3 Jan 2012 - 2:49

    ce qui tire vers le bas la consommation, et donc la croissance, seule voie connue pour résorber les deficits


    C'est actuellement la (sur)consommation, qui est la cause principale du déclin du système occidentale. Bien que la majorité des politiciens aiment à caresser l'opinion publique en prônant qu'une consommation plus forte puisse résoudre nos problèmes et financer nos retraites, moi, je n'y crois pas un instant. Cela renvient à dire; "ne travailler pas plus pour acheter plus tout en économisant" chose vaguement improbable ..
    Une solution; travailler plus et mieux

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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Articho le Mar 3 Jan 2012 - 2:56

    Le solde budgétaire de l’État est souvent négatif : autrement dit, les recettes de l’État ne suffisent presque jamais à financer toutes ses dépenses. L’État connaît ainsi des besoins de financement qui peuvent trouver leur origine dans trois facteurs :
    le décalage en cours d’année entre le rythme de perception des recettes et le calendrier des dépenses, en raison notamment des avances de trésorerie consenties par l’État aux collectivités territoriales ;
    le déficit budgétaire constaté en fin d’année ;
    le remboursement de ses emprunts parvenus à échéance.
    Pour couvrir ses différents besoins de financement, l’État s’endette, selon des modalités qui ont beaucoup varié au cours du XXe siècle.
    Avant 1914, la dette de l’État est composée à plus de 80 % d’emprunts perpétuels ou de rentes amortissables à très long terme. Cependant, l’inflation qui sévit durant les deux guerres mondiales réduit considérablement la valeur de ces rentes et, par contrecoup, la confiance que les épargnants accordent aux titres à long terme de la dette de l’État.
    Après la Seconde Guerre mondiale, la dette publique est essentiellement à court terme et prend, pour l’essentiel, la forme de bons du Trésor, d’avances monétaires de la Banque de France (aujourd’hui interdites par le traité de Maastricht parce que génératrices d’inflation) et de dépôts des correspondants du Trésor (collectivités territoriales, établissements publics).
    La désinflation des années 1980 a contribué à allonger la durée de vie moyenne de la dette. Ainsi, à la fin 2003, la dette de l’État est composée à 98 % de titres négociables sur les marchés financiers (contre 47 % en 1980), dont 64 % sous la forme d’obligations assimilables du Trésor (dette à long terme) et 21 % sous la forme de bons du Trésor (dette à court et à moyen termes).
    Dans le même temps, la gestion de la dette de l’État s’est considérablement améliorée notamment depuis la réforme de 1985 : les obligations assimilables du Trésor et les bons du Trésor sont mis aux enchères (technique de l’adjudication à prix demandé) et sont "assimilées" à un emprunt antérieur dont ils épousent l’ensemble des caractéristiques (technique de l’assimilation). Le nombre de "lignes" d’emprunt différents est ainsi limité, de sorte que les titres de la dette publique présentent une grande liquidité et constituent une référence pour les marchés financiers. Depuis février 2001, la dette publique est par ailleurs gérée par une agence dédiée ("France Trésor"), rattachée directement au directeur du Trésor.
    L’amélioration de la gestion de la dette de l’État est toutefois allée de pair avec son augmentation : de 64 milliards d’euros en 1980, la dette de l’État est ainsi passée à 799 milliards d’euros en 2003, le budget de l’État étant chaque année en déficit depuis 1975.
    L’examen du montant de la dette en euros courants est toutefois moins pertinent que celui du ratio dette publique / produit intérieur brut (PIB), car ce ratio est un critère essentiel pour vérifier si la dette de l’État est "soutenable". Ainsi, la dette de l’État peut très bien croître dans l’absolu tout en se réduisant relativement au PIB parce que l’inflation est importante et dévalorise l’endettement public en termes réels, ou parce que le rythme de croissance du PIB est soutenu. Ainsi considérée, l’augmentation de la dette de l’État celle-ci a progressé de 14,9 % du PIB en 1980 à 51,3 % du PIB en 2003. En outre, les charges d’intérêt de la dette sont passées de 4 % du budget général de l’État en 1980 à 15 % en 2003. Elles augmentent de plus de 2 % par an depuis 2001.
    Si l’on tient compte de la dette des collectivités territoriales, de celle des administrations de Sécurité sociale et de celle des divers organismes d’administration centrale, la dette de l’ensemble des administrations publiques calculée selon les règles de comptabilité européennes atteint par ailleurs 63,7 % du PIB en 2003. Il s’agit-là d’un niveau supérieur au plafond prévu par les critères de Maastricht (60 %), proche de la moyenne des pays de l’Union (63,2 %), mais inférieur à celui de l’Allemagne (64,2 %) et de la moyenne des pays de la zone euro (70,4 %).
    Ces chiffres ne donnent toutefois qu’une vision très partielle de l’évolution de la situation patrimoniale des administrations publiques.
    En premier lieu, ils correspondent à la dette publique "brute" des administrations publiques : n’en sont déduits ni les avoirs financiers (notamment leurs participations dans les entreprises publiques), ni la valeur de leurs autres actifs (immeubles, oeuvres d’art, etc.), car la "valeur" de ces actifs, parfois inaliénables, est difficile à apprécier. Quoi qu’il en soit, il est probable que la prise en compte des actifs de l’État ne modifierait pas fondamentalement le diagnostic de la dégradation de sa situation patrimoniale.
    En second lieu, les chiffres précités ne tiennent pas compte de la dette "implicite" résultant des déséquilibres à venir des régimes publics de retraite par répartition. Ainsi, les retraités actuels et futurs détiennent une créance morale sur l’État et la Sécurité sociale. Celle-ci n’est pas comptabilisée, parce qu’elle n’est pas encore matérialisée et parce que son montant dépendra des réformes à venir des régimes de retraite. Mais elle devrait peser lourdement sur les finances publiques.
    Pour autant, peut-on affirmer que la dette publique constitue un fardeau pour nos enfants ou pour les générations futures ?
    Oui, si cette dette a financé des dépenses de consommation courante ou si la charge de la dette freine la croissance économique ;
    Non, si cette dette a financé des dépenses d’éducation, de santé, d’infrastructures ou d’équipements collectifs dont profiteront nos enfants, ou bien des dépenses de nature à soutenir la croissance et, par conséquent, le niveau de vie des générations futures.

    Il découle assez logiquement de ces réponses intuitives l’idée d’une "règle d’or", que l’on retrouve dans la loi constitutionnelle allemande et dans la comptabilité des collectivités territoriales en France, et qui consiste à ne pouvoir financer par endettement que des investissements.
    Il convient pourtant de ne pas dramatiser le risque d’insolvabilité de l’État : contrairement aux ménages, qui doivent rembourser leurs dettes sous peine de voir leur héritage amputé, la continuité de l’État lui permet, en théorie, d’être perpétuellement endetté. Par ailleurs, le maintien d’un socle minimal de titres de dette publique est nécessaire au bon fonctionnement des marchés financiers modernes.

    http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/finances-publiques/approfondissements/emprunt-dette-publique.html


    Dernière édition par [Grognard]_Articho le Mar 3 Jan 2012 - 3:04, édité 1 fois

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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Liberalis le Mar 3 Jan 2012 - 2:58

    [Grognard]_Jean-Charles I a écrit:Ptain Lib tu fais chier d'avoir recruter 5 nouveaux avec BAC+5 minimum, je comprends plus rien aux débats...

    C'était mieux avant, suffisait de penser aux castagnettas, aux querelles de clocher, boire sec et se taper sur la tronche!

    Ah bordel !

    Oui mais l'intellect de Cosak est sensible à l'alcool. C'est sa cryptonite. Compte une demi bouteille de vodka pour la perte de 50 points de QI. Bon faut bien 2 lites pour le ramener à notre niveau mais ça vaut le coup. Moi c'est l'inverse. Du coup l'autre fois je lui parlais de la formation d'anti-matière et son rôle dans les trous noires, pendant que lui essayait d'allumer ces pets au dessus de ma gazinière. Histoire véridique.


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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Jean-Charles I le Mar 3 Jan 2012 - 3:16

    Vous vous êtes bien trouvés en tout cas ...


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    Re: Bonne question de finance

    Message par JP le Mar 3 Jan 2012 - 9:30

    [Grognard]_Liberalis a écrit:Du coup l'autre fois je lui parlais de la formation d'anti-matière et son rôle dans les trous noires, pendant que lui essayait d'allumer ces pets au dessus de ma gazinière. Histoire véridique.


    La matière illicite forme des trous noires

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    Re: Bonne question de finance

    Message par [Grognard]_Brumaire le Mar 3 Jan 2012 - 10:02

    [Grognard]_Brune a écrit:

    Pas d'accord.

    Les dépenses publique doivent être optimisée c'est évident (ex: ce sont les lobbies pharmaceutiques qui fixent les prix des médocs) mais ce n'est LA solution au problème du déficit, à moins de désengager l'état comme aux US ou en GB. (malheur aux pauvres dans ce cas là...)


    Entre un état quasi-communiste (la France) et les anglo-saxons, il y a de la marge.
    Il ne s'agit pas de désengager l'Etat mais de cesser de dilapider son argent, d'obtenir un meilleur retour sur investissement.
    Les économies à faire sont légions : en haut (tu cites la niche des médicaments), mais aussi en-bas (nombre de fonctionnaires, productivité de certains services, collectivité locales...etc).


    [Grognard]_Brune a écrit:Oui la croissance est le seul moyen que l'on connaisse pour sortir d'une crise, le problème est que pour la première fois nous comsommons plus que de ressources que la planète ne peut en produire, il ne faudra pas compter sur la croissance pour nous sortir de l'impasse.


    C'est en fait le seul moyen qui ne renie pas le paradigme de la société individualiste et consumériste dans laquelle nous vivons.

    [Grognard]_Brune a écrit:"La vertueuse Allemagne", Ce n'est pas non plus le pays des Bisounours, faut-il rappeler que la compression des salaires est en partie compensée par des loyers plus faibles que chez nous?


    Non justement, c'est un pays pragmatique qui a su s'imposer des réformes dont les effets sont visibles à long terme. Les Bisounours, en l’occurrence, c'est nous.
    Les loyers sont plus faibles, et la vie, en général moins chère (grâce à la puissance du hard discount).
    Le problème, et je maintiens, c'est qu'en France on est incapable de réduire la dépense publique. Nos déficits structurels représentent plus de la moitié de notre déficit. Il faut surtout en finir avec la culture du gaspillage et du corporatisme à la française.


    [Grognard]_Brune a écrit:Pas besoin de mettre des "" à cadeaux fiscaux, l'état est censé oeuvrer pour l'intérêt général pas pour le portefeuille de quelques amis.


    La France est le pays de l'OCDE ou les inégalités se sont le moins creusées ces 20 dernières années. Je ne suis pas sur qu'on puisse empêcher les riches d’être moins taxés que les autres. Quand on a plus d'argent, on a plus de moyen d'échapper au système. Ce n'est pas spécialement français.
    Le graphique me surprend quand même, au-delà d'un certain seuil de revenu, on ne paye plus que la TVA, me semble-t-il...Dont le taux est moins élevé que ce qui apparaît.
    Et puis, je trouve que la représentation donnée est biaisée. On a l'impression que tout le monde paye pour l'Etat alors qu'une partie de la population reçoit plus que ce qu'elle donne.

    Quoiqu'il en soit je regarderai avec intérêt, le lien d'Hulot. C'est peut être un utopiste et un idéaliste Lib', mais je préfère encore ça aux vieux débris que l'on voit aux manettes depuis 30 ans.



      La date/heure actuelle est Mer 23 Mai 2012 - 13:32